vendredi 30 septembre 2022

Paul VEYNE



Vous fûtes si aimable Paul VEYNE

Le 26 mai 2015

En répondant

Au poème « Palmyre est tombée »


Paraissait votre livre lumineux

Sur la cité que Daesh saccageait

Cinquante ans d’études « volaient en éclats »


Vous continuerez par-delà les folies

De vivre en nos intelligences

Maillon de l’Antique

Observateur du présent

Déchiffreur du futur


Par vous Palmyre reste libre



29 septembre 2022

Mort de Paul VEYNE


 

 

dimanche 25 septembre 2022

Mahsa Amini

 


Laissez vivre les visages

La fraîcheur des peaux

L’envie de voler du temps

Des garçons et des filles

- Vos garçons et vos filles -

Que le printemps éblouit


Vous avez les mosquées

L’éloignement des choses

La tristesse

L’ignorance des caresses

Cette aridité suffit


Sous vos coups Mahsa est morte

Quand nous nous allons

Libres de cheveux et de bagues


Voyez donc comme brillent vos femmes

Comme elles pétillent piaffent

Étouffent sous l’imbécillité de dogmes dépourvus de sens

Larguez donc les amarres

Mollahs amollis de versets mal versés

Sentez le vent de la vie souffler sous les voiles

Qui vous emportera


Une reine a disparu

Qui était vieille

Masha elle

N’aurait pas dû




13 septembre 2022

Mort en détention de Mahsa Amini, 

arrêtée par la police des mœurs iranienne pour « port de vêtements inappropriés »


 

mercredi 14 septembre 2022

GOD save the ARD





Il brillera dans les étoiles

Grand rideau de velours tiré

Sur l’écran noir du cinéma

Le fascinant Mr Godard


Des mots du sens du contresens

Des bandes-sons comme des lances

Tournant ses images en avance

De l’avant-garde et de lui-même


Qui fera mieux que « Le mépris »

Pour statufier Bardot solaire

Il ignorait ce que c’était

À bout de souffle, tournant sans cesse


Stones Hallyday ou Mitsouko

Audacieux sur tous les fronts

Indélicat car détestant

Les faciles tartes à la crème


Pourquoi a-t-il fallu Jean-Luc

Que quelque part on crie « Coupez ! »

Sans ton accord sans tes raccords

Te renvoyant au ring des limbes


On se consolera en salles

Pensant à ton petit chapeau

Sous lequel battait le génie

Et la manie des manivelles




Mort du cinéaste Jean-Luc Godard

13 septembre 2022


 

 

samedi 10 septembre 2022

God did not save the Queen



 

 

L’éternité semblait acquise

Soixante-dix ans de règne

Le chapeau tombe par surprise

A dix-huit heures à Balmoral


La forte petite femme

Aux milliards de sujets

Casse sa pipe comme

Un docker usagé


Les Sex Pistols avaient raison

« There’s no future for you »

Good journey nevertheless

A Lillibet dans l’éther






Mort de la reine d'Angleterre Elisabeth II

8 septembre 2022


 


 

mardi 16 août 2022

S’en prendre à Salman Rushdie



Déjà mort à lui-même

Le fanatique est au-delà du sens

Noyé dans le noir qu'il dispense

Une formule tourne dans sa tête

"Place nette " partout sur la planète


Il aime les murs adore les caves

Déteste l'océan l'aurore

L’incertitude est le couloir du diable

Les couleurs lui font peur


Alors les chatoiements d’un livre

Les bouffées folles qui soufflent à tour de pages

La vie qui s'y répand comme un tapis

C'est là miroir trop cru

Qu’il faut briser en éclats


La vie a failli passer

A Chautauqua

Mille fois tant mieux monsieur Rushdie

Votre bon sens nous est vital


Tentative de meurtre de Salman Rushdie à Chautauqua, État de New York, 12 août 2022


 

 

 

dimanche 14 août 2022

Béluga




Ta peau blanche dans l’eau noire de l’écluse

Mycosée malade ternie de mazout

Loin des constellations arctiques 

 

Tu gis là sonné sans geindre sonar déréglé

Qu’allais-tu faire dans cet estuaire

Dépourvu d’aventure et de super tanker

 

Tu as perdu le nord la boussole la tête

Les échos se brouillent tu t’imagines au large

Que peuvent les gentils vétérinaires

 

Tu voudrais le Saint-Laurent et la Grande Ourse

Laissez-moi disparaître

Un peu d’air d'eau un peu d’oubliez-moi




9 août 2022

Décès d’un béluga dans la Seine malgré diverses tentatives pour le sauver


 





 

dimanche 7 août 2022

La menthe

 



Quand l'amour semble s'absenter

La menthe de tes yeux fane

Ton regard s'éteint et ton teint avec lui

Comme si le fard devenait venin

Tout est à l'eau noyé

Rien n’y fait vase ou jardinier


Souvent la rébellion l’emporte

Le vert flamboie dans les pupilles

Tes yeux sculptent deux ancres

Plantées dans l’iris de l’autre

Il n'y a que l’amour dis-tu

Comme issue à l'amour


Dans les deux cas je me déporte

J'essaie au vert de faire des vers

Mais tel le pêcheur en enfer

Je reviens à tes meurtrières

Plongeant mon bleu de mer

Dans ces puits de lumière






Riom-es-montagnes, 28 juillet 2022

sur la voie de chemin de fer