Dans le jeu de la chatte et du bœuf Vous fûtes la fine bête Et lui le bête épais Hébétant le monde De ses âneries Que perçut-il Des pages déchirées de son discours Crut-il à vos mâchoires Grinçant de dépit Quand juste sonnait La monnaie de sa pièce ? Nancy Pelosi déchire le discours de l'état dc l’Union de Donald Trump, devant le Congrès 4 février 2020
dimanche 9 février 2020
Bien joué Nancy (PELOSI)
mercredi 1 janvier 2020
Résolutions 2020
Chercher
la fille et chercher l'or
Sentir
la soeur dans l'animal
Suivre
le son des coquillages
Partir
Chercher
la sente hors des sentiers
Pousser
vers l'est la tangente
Ne
pas demander son chemin
Router
Chercher
le gaz chercher la pente
Apprendre
à traire les nuages
Faire
phare des feux d'étoiles
Rapter
Chercher
à fuir ce qui va naître
Se
plaire à n'être qu'un fuyard
Baiser
les bouches avant qu'elles ferment
Jeûner
Chercher
la trace devant soi
Lire
les plans les yeux fermés
Lécher
les chairs blessées des rêves
Vouloir
Chercher
les pistes en bout de chants
Pousser
Ulysse à repartir
Bénir
les dieux qui font la sieste
Virer
Chercher
en l'air les ruisseaux
Coudre
ses pas au dos des fleuves
Chausser
des boots en peau de pied
Bondir
Chercher
le bon angle de voile
Tracer
des sillons sans charrue
Prendre
le ris tant qu'il fait vent
Partir
1er
janvier 2020
vendredi 27 décembre 2019
Fariba ADELKHAH
L’horizon disparaît
Soudain
Clefs bruit peurs
Fausses nouvelles
Fausses joies à chaque éclat de voix
La nuit est dedans dehors
Où est le jour
On nous demande de ne pas être
D’être autres espionnes
Des transfuge des hyènes
J’y serais presque tant j’ai froid
Tant j’ai peur d’oublier
L'odeur du café frais
Le vol lourd des pigeons
L'eau courant vers la mer
Kylie et moi parquées par qui
Nous crions
Gorge ouverte sur peut-être la mort
Refusant désormais d’autre aliment
Que l’air qu'au moins
Personne ne peut enfermer
24 décembre 2019 Fariba Adelkhah, anthropologue française incarcérée en Iran en juin 2019 entame une grève de la faim
Photo DR
samedi 30 novembre 2019
XINJIANG
Il est paraît-il Un peuple entier assombri Par l’absence de lune À qui l’on apprend à vivre Sous l’œil des caméras A qui l’on dit quoi penser Et à quoi bon penser Pour qui l'on voit loin on voit grand L’exil des religions L’exit d’une langue Au surplus « Arrêter ceux qui doivent l’être »* Désinfecter les idées Est une belle idée Il est paraît-il Un peuple que l'on parque Comme ces bêtes qu’on mène Au nom de l’espèce humaine
1 à 3 millions d’Ouïghours enfermés dans des « centres de formation professionnelle » New York Times, 16 novembre 2019 * Chen QUANGO, chef du parti de la région autonome du XINJIANG (Chine)
mardi 29 octobre 2019
Adios Franco
adios Franco
quarante ans de plomb
dézingués
d'un bond d'hélico
les victimes écoutent
les victimes respirent
exultation
pour une exhumation
quarante ans de terreur
où tu t'es cru César
quarante ans de tombeau
boursouflé ridicule
il faut fuir maintenant
tous masques abattus
laisser la vallée
s'apaiser
au lit des ossements
des cailloux et des rocs
des tombées de soleil
la balaguère en drapeau
cette paix va coûter
au cercueil d’à côté
car supportera-t-elle
ta femme de Madrid
un vaniteux machiste
l’obligeant au réveil
au salut phalangiste
Exfiltration
du cercueil de Franco de la vallée de Los Caidos
dimanche 20 octobre 2019
Xylella fastidiosa, la tueuse d’oliviers
La terre peut être tapis d’amertume Le ciel verser du plomb bleu azur Le gel trancher net les fruitiers voisins Il vit d’une larme d’une goutte La racine têtue le feuillage emboulé Les branches compactement solidaires Il vit de bouts de vents d'ouest venus Jamais les siècles ne lui ont fait peur Or comme au lion le roi de la fable Voilà qu'un minus pourrait le tenir L’affaiblir jusqu'à le tuer Un drôle de zigue du genre cicadelle Transporté des Pouilles via la Corse Un million (et demi) de victimes Des troncs droits devenus des dépouilles Des arbres qui ont vu Garibaldi Son père grand-père et son arrière grand-père Morts L’olivier veut la paix Il en vit Il est prêt à signer Sur ses feuilles un compromis Mais qui pour raisonner l’insecte tueur
Arrachage d'un olivier multicentenaire du parc de Carnolès à Menton
contaminé par la bactérie « Xylella fastidiosa »
septembre 2019
(Coatsaliou, AFP)
« Les hirondelles de Kaboul »
à
voir
à
voir
à
voir
Parce
qu'il n'y a rien à voir
Parce
que l’on ne sait rien
Parce
que tout est éteint
Le
rire interdit
La
femme proscrite
La
musique bannie
à
voir
à
voir
à
voir
Parce
que l'on baisse les yeux
Devant
des imbéciles
Qu'on
empêche les mains
De
toucher d'autres mains
Qu'on
rouille les amoureux
Les
élans tournent en rond
Elle
Elle
dit qu'il faut vivre
Oser
le futur
Les
enfants apprendront
Lui
Regarde
dehors
Tristement
le désastre
Ah !
si des montagnes
La
joie pouvait jaillir
Si
les hirondelles du ciel
On
pouvait enfourcher
Mais
les chiourmes au village
Font
courber la tête
Et
soupirer les âmes
Film de Zabou BREITMAN et Elea GOBBE-MEVELLEC Sortie 4 septembre 2019 (d’après un livre de Yasmina KHADRA, 2002)
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