vendredi 21 décembre 2018

Combattante Kurde




Je déteste la guerre 
 Et pourtant je t'admire
 
Toi combattante kurde
 
Qui ne te veux pas femme
 
Plus que les hommes sont hommes
 
Tu te bats d'évidence
 
L'égalité et le soin
 
Que l'on doit aux faibles aux vieillards
 
Cheveux libres idées fières
 
Tu défais les clichés
 
Clamant à l'État islamique
 
Qu'il est simplement ridicule
 
Aux Turcs qu'ils te laissent tranquille
 
Vivre en paix sans haine en voisins

Dans tes tresses tes boucles tes nattes
 
Tu portes ce que Marx espérait
 
Lait cuir acier te sont familiers
 
Ta brigade toujours est exemple
 
Combattante kurde
 
Tu détestes la guerre 
 
Que tu fais malgré toi 
 
Abattant des semblables par trop dévoyés
 
L'avenir te sait gré 
 
De la piste tracée
 
Quand le chemin ailleurs 
 
Aux femmes d'Arabie
 
D'Inde ou Indonésie
 
Paraît encore impossible à suivre
Donald Trump annonce le retrait unilatéral  des troupes américaines de Syrie
(20 décembre 2018)








vendredi 14 décembre 2018

Au pied du château des Ducs

 
 
 
 
C’est ainsi que la nuit m’a envahi au pied du château, 
quand  on refusait du monde au « Cinématographe » 
 pour la projection unique d'une version restaurée de « 2001, L’Odyssée de l’espace » 
 étouffée de spectateurs. 
 
 Refoulé, je rejoins le surplomb des douves, 
 longe la muraille, m'oriente vers le fleuve, loge un café, y pénétre, 
le traverse jusqu'à une rue que je fends à son tour
 avant d'enquiller le centre piétonnier
à la nuit quadrillée d'enseignes 
la nuit insaisissable
en surface de laquelle une foule chantante, un peu grise, 
évolue indifférente à la noirceur
il fait nocturne sur les gens
 les groupes s'offrent un paseo devant les restaurants 
derrière les vitres desquels des jambes croisent 
et décroisent en paquebots de luxe
la nuit se dit vraie
répandue multiple se déversant 
elle illumine
dans le pinceau de ses phares d'autres jambes gainées de soie
 tendues de toile, des bonnets enfoncés aux oreilles d'où cascadent des cheveux aux reflets libertaires, 
des bottes, des sacs, des absences, des trajets solitaires – que, trop moi, j'évitais - 
des bandes comme des poissons attablés ou flottant au-dessus du pavé
comme des oiseaux assemblés au crépuscule pour commenter les affaires du jour

la nuit peine à se faire noire
elle pousse le passant dans des tunnels dorés, au hasard des creux de Noël
l'oreille saisit des sabirs
l’œil capte des trajectoires
le pas s'épargne une influence - sa mécanique indépendante fait l'homme aller malgré lui, 
pauvre ou riche, déprimé ou gaillard - 
 
 la nuit au pied du château était temps de suspens,
 étiré, déformé, comme celui qu'offrait Kubrick dans sa pellicule
 dont les cinéphiles nantais m'avaient privé
me rejetant au hasard de la rue

j'étais dans l'espace 
incapable de situer l'avant l'après
quand soudain
le château a resurgi
évidence du temps venu
de partir 
disparaître 
se fondre 
dans la nuit
14 décembre 2018
 
 
 
 

mardi 4 décembre 2018

Gilets jaunes



Les radios donnent le bruit
Les télés la couleur
Les réseaux s'agitent 
Monde d'ondes encadré

Dans la rue ça détruit 
Ca déglingue ça casse
Ça débande l'Arc de triomphe
Çà éructe aux ronds-points
Çà gouline dégueule 
Ça se croit la révolte
Avec de grands airs
Quand c'est juste petit 
Jaune et fascistoïde
Pourtant
La démocratie s'agenouille
Le message s’embrouille
Et chacun affaibli
De ses frustrations
Rejoint sa barricade
De rancoeur



Mouvement des gilets jaunes, Paris saccagé
1er décembre 2018

dimanche 2 décembre 2018

BOLSONARO









Tout peut jaillir

Au Brésil

Le jonc l'argent l'huile

Les palmes l'or l'ibis

La verte chevelure

De la zone Amazone

Le corps à corps des corps

Les villes de demain

La prose de Cendrars

La braise de Buarque

Le samba la bossa 

Le noir comme un éclair

Le clair comme un ébat

Et les fleuves encore

Et des pauvres toujours

Et l'espoir chevillé

Au bois du candomblé

L'effort payé de rien

Le café pour l'export

Des filles sur les plages

Aux ventres d'océan

La vive vie la houle

Là où on l'attend pas

Lula devenu loup

Un peuple de fontaines

Un peuple de cascades

Un peuple de geysers

Prêt à gober la terre



Et d'où jaillit Jair


28 octobre 2018
Jair Bolsonaro élu président du Brésil

lundi 26 novembre 2018

MBS




Un busard
De plumeuse ambition
Déploie ses ailes
Sur le territoire
Il dit
Moi Roi
La lumière ne verra pas le jour
Bénis seront les cachots
Le froid règnera
Jusque dans les consulats
Il dit
Je suis l’eau le pur le sel
Qui m’effleure
D'un sarcasme
Mourra
Et leur engeance après eux
Il dit
Moi Roi
La guerre sale sera juste

Le busard
Se perd dans le ciel
Loin des incendies
Allumés dans son nid
Ivre à oublier
Que le vent
Excité de flammes
Peut décorner les rois



16 novembre 2018, la CIA implique MBS comme commanditaire 
de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi


jeudi 22 novembre 2018

Le passé : toujours d'actualité








Nicolas Pesquet peut bien regarder la Terre d'en haut
Mon vélo s'habiller en carbone 
Mes doigts toucher les continents 
Sur un écran connecté
Ma bouche causer à l'infini
Mon corps danser le tweet 
Je garde un pied dans le quinzième
Villon et ses ballades
Son lais à la mamelle 
Duquel je rimaille


Les ados faire la guerre en vidéo
Tuer des hommes les relever
Intacts
Madrid s'atteindre dans l'heure 
Mumbai en huit New-York en six
Les paquebots flotter pour rire 
Bébés baleines dans la baignoire de l'océan
Les canettes se profiler d'acier 
Je garde un pied en dix-huitième
Aspergé de lumière
La liberté au front bientôt teinté de sang


La terre peut fondre la mer pleurer
Des mères crier à fond de gorge
Inaudibles
L'ours patauger en bord de bergeries 
Les groseilles fondre au climat calorique
La lune bleuir sous PhotoShop
Les gosses apprendre au tableau blanc 
Que la craie existait
Jadis
Je reste un pied au dix-neuvième
Dans les locomotives
Accompagnant les peuples
Avec la Bovary le Bel-Ami et le Victor
Inépuisables 
 
 
15 novembre 2018