samedi 28 mai 2022

Mort à JENINE

 


À Jénine
À genoux au pied d’un arbre
Caméra en bandoulière
Elle consigne écoute regarde
S’occupe à tirer le portrait
D’une occupation de cinquante-sept ans

Ils s’agitent en face
S’indignent
Quelle idée de fixer la mémoire
De documenter des vies
Le futur a besoin de clarté
Et elle fait le contraire
Trouble le déjà trouble
Agace
Comme si il y avait menace
Que l’espoir disparaisse
« Il faut changer le narratif »
Ose un dirigeant
Un coup suffit
Le genou calé 
L’épaule assurée
Le soldat équipé
 
 11 mai 2022
 "Ils sont armés avec des caméras, si vous me permettez de le dire" :  porte-parole de l’armée israélienne pour justifier les tirs 
                        sur la journaliste Shireen ABU AKLEH, abattue à l’entrée du camp palestinien de Jénine 
 

vendredi 29 avril 2022

Le bruit ! le bruit ! le bruit !

 


Le bruit ! le bruit ! le bruit !

L’effroi

Le bruit ! encore

Les mains sur les oreilles

L’enfant ne sait plus dormir

Il attend le bruit

Couteau dédié à la plaie

Enchâssé dans son interminable sifflement


C’est l’explosion qui libère

Inadmissible

Les oreilles hurlent

L’enfant crie sous le morceau de toile

Crie qu’il va mourir

Sa mère le plaque au sol

L’enveloppe de larmes

Un instant

Le bruit se résorbe

La mort est chassée

L’enfant respire


Et l’avion revient

 

 

 

29 avril 2022, les bombardements de civils continuent en Ukraine


 

dimanche 10 avril 2022

Sous la peau de mouton (premier tour de l'élection présidentielle française)




Un peu de mouton au col
La louve grimpe les marches
Vers le haut du podium
Elle se retient de hurler
Sourit – les canines cachées –
Elle dit combien sa peau est douce
Son regard généreux
Ses pattes faites pour abriter
Sa langue pour réchauffer
La louve a du ressort
Elle mène la meute
Les lapins la calculent
Et aussi les daims les agneaux
Mais elle biaise si bien
Que parfois ils ouvrent
La louve est une hyène
Qui cajole et qui tue



10 avril 2022
premier tour de l’élection présidentielle
Emmanuel Macron 28 % des voix, Marine Le Pen 23 %

 

 

samedi 9 avril 2022

MARSEILLE

 





On monte à Marseille on descend

On enfile des rues droites au coin desquelles nichent

des poules aux ronds genoux

On marche on prie

On baille sur un banc

On trime on hèle on crie

Sans jamais offenser

Là-haut la Bonne Mère

Qu'on regarde regarder au loin

 

Et on repart vers la mer

Une calanque à la patte

Le vent glissé sous la corniche

A ficeler d'horizon les rêves

On rentre les épaules

On oublie les quartiers

L'indomptable Panier

Le dévalant Saint-Charles

Noailles l'interlope

Belsunce entre la gare et le Vieux-Port

 

Et on s'affranchit

Des fossés de Phocée

Relégués au musée

On cherche Marseille qui mue

Qui muse s'amuse

Qui s'aime Mucem

Offre à sa muse

L'écrin des pierres de forts forts

Des places bruissantes

Un ciel sur les épaules bleu comme un sortilège


Marseille est une carte

Elle met à plat et regonfle

Un tremplin elle propulse

Une grotte elle avale

A peine dedans on veut partir

Juste dehors on crie sa mère

Qué besoin du monde

Belsunce breakdown

 

 

https://www.dailymotion.com/video/x3u61r

 


lundi 4 avril 2022

Résister

 

Résister
Aux broyeurs de fratries
Aux engraineurs de haine
À qui mue l’autre en animal nuisible
Aux souffleurs d’ouragans
Aux jeteurs d’hommes à terre
De femmes à genoux
D’enfants en pleurs

Résister
Aux vendettas programmées
A la glaciation des langues
Aux chaînes forgées pour asservir diviser mépriser

Résister
A ceux qui n’ont souci des peuples
Que pour pomper un sang
Qui égaiera leurs palais leurs yachts leurs médailles

Résister
Aux nervis
Aux pièges aux mines aux chenilles
Aux provocateurs

Résister par l’union le chant le combat
Les mains rassemblées
        sur le cœur
            les armes
                


4 avril 2022
la population ukrainienne résiste à l’assaut russe


dimanche 20 mars 2022

Je voudrais écrire en Ukraine

 





Je voudrais écrire en Ukraine

Assis au bord du Dniepr

A regarder l’embâcle et farter mes patins

Voir une mariée à la mairie de Marioupol

Au bras de son Nikopol

Rose joufflu n’y croyant pas encore


J’aimerais écrire d’Ukraine

Adossé à un tronc

Un vieux qui conterait la vie

La vie qu’il a connue

La pluie les mousses les nids

Des files devant nous passeraient

De gens de toutes sortes

Des gens

Des images viendraient d’avant quand on voyait après

Des mots simples aimants sortiraient

Faits pour être couchés dans de jolies lettres

Des poèmes à dormir debout des récits


Un jour je n’aurais plus besoin d’écrire

Car l’Ukraine m’écrira

Des courriers de salive et de papier crémeux

De timbres radieux et de postières en nage



20 mars 2022

L’Ukraine résiste à l’invasion russe


 

samedi 19 mars 2022

Ravages sur les joues ukrainiennes

 





Que sont ces ravages sur les joues ukrainiennes
Sillons trop tôt nés pour pleurer des enfants
Des sœurs tirées d’une voiture abattues comme des chiens

Que sont ces regards sur des lits d’hôpitaux
Voyant l’avenir d’ombres déjà effacées
De silhouettes qui ne reviendront pas
De joies rétractées ainsi qu’un papier brûle

À quand la fin de l’enfer offert sur un plateau-chenilles
« Frères et sœurs Ukrainiens, notre sang est le votre, comment nous ferions-vous souffrir ? »

L’obnubilé dans son stade n’a cure des yeux pâles
Des gouffre sous les vies
Des sanglots
Mais les larmes l’emporteront
Car les femmes sont prêtes à manger du sable
A enflammer leurs cheveux Molotov
A dénouer des foulards pour étouffer les soldats
Il refoulera, le grand libérateur, au pays des criminels 
 
19 mars 2022
perpétuation du pilonnage russe en Ukraine