Visage
pale
Traits
tirés
L’air
chagrin
Lacrymaux
Matinaux
Gilet
jaune
Se
répand
Au
rond-point
D'une
joie
Fraternelle
Et
pleurniche
Manifestations
sans fin depuis novembre 2018
L’ouragan n'a rien fait vibrer A nos oreilles lustrées Une annonce un jour Un entrefilet puis rien Silence de coyotte A quels coups pourtant il frappa Emportant maisons et troupeaux Affaissant les villages et les puits Submergeant ce qui existait de routes Qu'une crue en Europe Entraîne dix voitures Qu'un tremblement de terre Y effondre un village Les réseaux virevoltent Etourdis de virus et d'images Les échos rebondissent De l'arctique à l'arctique Drame extrapolé
Mais que le sort en Afrique frappe
Le coton bourre les oreilles du monde
On rajuste ses casques
On enfonce ses boules
On fredonne en sourdine
D'autres chants que la mort
C'est trop loin c'est trop bas
Ces battements de cœur
Va Agnès
Filme les pêcheurs et les plages du paradis
Qui n’existe pas à côté de l’enfer
Mets sous ta coupe de Jeanne d’Arc
Les peseurs d'âmes et les donneurs de leçons que tu n’étais pas
Étale les pinceaux les caméras les transats
Exposés naguère dans la rue Daguerre
Transmets à chacun depuis l’autre monde
Le souffle frais que portaien tes paroles
Peu importe le toit que tu auras
Tu seras sans foi ni loi
Va donc Agnès vers le grand Walhalla
Fouiller sous les jupes divines de ton œil pétillant
Tire le portrait des femmes des dieux qui s’y gobergent
Envoie les négatifs des signes positifs
Disant que les écrans, là-haut, sont encore plus beaux
Que ceux que, en bas, tu illuminas