dimanche 31 mars 2019

Poème pour Agnès Varda






Va Agnès
 
 Filme les pêcheurs et les plages du paradis 
Qui n’existe pas à côté de l’enfer
 
Mets sous ta coupe de Jeanne d’Arc 
Les peseurs d'âmes et les donneurs de leçons que tu n’étais pas 
 
 Étale les pinceaux les caméras les transats 
Exposés naguère dans la rue Daguerre
 
Transmets à chacun depuis l’autre monde 
Le souffle frais que portaien tes paroles
 
Peu importe le toit que tu auras
Tu seras sans foi ni loi
 
Va donc Agnès vers le grand Walhalla
Fouiller sous les jupes divines de ton œil pétillant
 
Tire le portrait des femmes des dieux qui s’y gobergent
Envoie les négatifs des signes positifs
 
Disant que les écrans, là-haut, sont encore plus beaux 
Que ceux que, en bas, tu illuminas


Mort d’Agnès VARDA, 29 mars 2019

lundi 25 mars 2019

VENISE

 
 
Je sais Venise
Et qui ne la saurait
Même sans y être allé

Lido ruelles lagune
Palais aux chats pelés 
Ciel en goutte de sang

Montaigne la disait
Avant d'y avoir mis
Les pieds

Qui n'y a virus attrapé
Glissé sur des allées de marbre
Perdu la tête au sirocco

Qui n'y a vécu un songe
Quelle ville n'en est morceau
Qui n'y est revenu

Venise ment Venise dort Venise mord
Un pont y est promesse
Une rue cul-de-sac

Sans même savoir dans quoi
Venise s'enfonce
Mirage d'eau 
Mêlé de paquebots 
Détruisant le serein

Lectures sur Venise par la Compagnie Le chant des pistes
Bar «Mon Oncle », Nantes, 28 mars 2019

dimanche 17 mars 2019

Exit Bouteflika







Boute les flics à
L'arrière de l'avant-scène
Jeunesse algérienne
Ecarte le sénile
Réclame ton dû
D'être droit devant l'urne
Efface le passé dépassé
Vissé dans l’AVC
D'un vieillard épuisé
Danse danse jeunesse
Qu’enfin ta vie qui presse
Se boule de neige en destin


Renonciation à lune nouvelle candidature du président algérien
sous la pression de la rue
11 mars 2019


vendredi 15 mars 2019

Greta THUNBERG

Sans plus aller à l’école
Elle pose des colles
What change for the climate
Quelle que soit la langue
Tout change à cause de nous
Qui ne changeons pas
Greta veut qu'on avance
C'est-à-dire qu'on recule
Sur la consommation
Inconsciente absurde mortifère
Sa natte en balancier d'horloge
Compte le temps qui reste
Il n'est pas temps que je meurs
Crie-t-elle au ciel des novices
Halte à ma mort
Je ne sais rien de ma vie
Qui pourtant déjà s’inscrit
Aux écrans du futur
Montée des eaux ruées des os
Peuples écartelés de coquillages

Greta se révolte
Sanguine évidente saine
Comme un ange ignorant
Des ailes qui lui poussent
Ne pas être icône
Non plus déconner
Greta s'efforce à l'indifférence
Et bout de bout en bout
Venez amis dites comme moi
Que vous ignorez tout
Sauf que les pingouins transpirent
Et qu'en travers de la gorge
Restent les transports à bas coût

Faudra-t-il demain à une photo
Réduire un lac bleu une montagne
La découlée des icebergs
Faudra-t-il enzooer les ours
Faute de nourriture
En attendant que mille mille frères humains
Se retranchent nulle part
A cause de la montée des flots
Crie encore crie toujours great Greta
Ta natte à tous vents
L'humaine girouette
A besoin de direction

Journée de la jeunesse contre le réchauffement climatique 15 mars 2019

lundi 21 janvier 2019

TRUMP



l'homme nuit à l'homme
trahit les mots 
sature l'air
sa haine est rance
il rit des faibles
jouit des riches
les qui empochent
et Bahamas
en gros voiliers
les qui effondrent
les fourmilières
pour fabriquer
des jeunes filles
faciles à prendre
pour se gaver
de territoires

l'homme tue le temps
son épaisseur
casse l'ampoule
de l'avenir 
aux jouets d'autrui
il met le feu
des vies calcine
englue des plumes
graisse des larmes
pond dans des nids
des œufs grenades

l'homme est obscène
pauvre moulin
qui tourne mal
semant le vent
comme un grelot
il est le clown
le roi des faux
il est l'estrade
et le tam-tam
la grosse caisse
qui tape tape
sur le concept
d'humanité
tuer d'abord
soigner après
tuer d'abord
soigner après



21 janvier 2019

jeudi 10 janvier 2019

L'art (du poète) et la matière






La poésie arrache au monde
pèle fouille darde
les lacs les forêts pénètre
l'éblouissement des squares
ramène d'un vol d'oiseau l'écume du vent
puise à l'indicible,
l'habille d'herbes fraîches
que chacun peut porter
la poésie est ascension et tunnel
où le jour file comme un bas de soie

Tout vers ébranle l'éternité
le poète creuse déblaie
il est taupe lombric
boyauteur de l'avant
galeriste par tous temps
l'intuition comme lampe
l'âme en bandoulière
prenant tout voulant tout
le poète est de fond
et, obscur ou majeur
au fond toujours mineur


  10 janvier 2019




dimanche 30 décembre 2018

Tiens bon Constantin LAZAR

Tu portes lourd sur tes épaules Tu portes clair vers l’avenir Les fleurs de la jeunesse Se baignent de droiture Malgré l'opprobre la haine Qui guettent Peut-être même l'acier Tenir seulement tenir Est le combat qui vaille Dans la mitraille déchaînée De la démagogie Tiens bon Constantin L'histoire est avec toi 24 octobre 2018 Procédure de destitution engagée contre Constantin LAZAR, procureur général de Roumanie