mardi 18 août 2015

Yunus fight



Yunus fight





Parce que le pays
Qu'il opprime
Dégorge d'hydrocarbures
L'autocrate
Fait rendre gorge
A qui refuse sa fable
Militants opposants
Liste dressée
Au petit déjeuner
En buvant pétrole petit doigt dressé

La presse sait
Mais tait
Qu'il arrose
Et corrompt
A défaut de devises
Les gens sentent
Le vent du fouet
La brûlure des menottes
L'odeur infecte des geôles

Huit ans pour Arif
Sept et demi pour Leyla
- Justice au moins comptable -
La mort profilée
Sans autre ombre
Que des barreaux rouillés de remords
Comme leur fille
Exilée d'eux et d'espoir




Arif et Leyla YUNUS, opposants azeris condamnés le 13 août 2015 
par un tribunal de Bakou

Tel Aviv





Tel-Aviv




Tel-Aviv


Tel-Aviv
Âme vive amarrée
Aux rives
De la nostrum mare

Tel-Aviv
Ivre ville
Qu'ignore
Dit-on
Le sommeil

Tel-Aviv
Qui rit des craintes
Et des affolements
Des fous du livre
Qui fait fi
Des colons en colonnes

Tel-Aviv 
Entêtée
Qui tète goulue la fête et la nuit
Et laisse à leur sable de gros grains gris
Les tristes les défaits les grincheux
Qu'une plage de pacotille
Suffit à enliser


Tel-Aviv invitée de Paris Plages 13 août 2015

jeudi 13 août 2015

La joie




La joie





La joie parfois
Frappe le gong de l'actualité
Elle extrait un sourire
Présente un exploit
Révèle un projet
Un explorateur jubile
Devant la banquise
Un enfant ira dans les étoiles

La joie est plastique
Elle a goût de miracle
Elle chasse le regret
Elle est ces yeux ouverts
Grands comme une bouche en train de rire
La joie trace la voie
Abat la tristesse
Elle est mouvement

Au coeur de la joie
Il y a des bras
Faits pour broyer du bonheur
Des poussées de vertige
Fort comme cet alcool
Que sert l'amour
Aux amants sans école



La joie, éternel patrimoine commun de l'humanité

mardi 21 juillet 2015

Petit gnon d'Avignon



Petit gnon d'Avignon


Il en fait trop
Py
A Avignon
Trop traducteur
Trop directeur
Trop prometteur en scène

Il est ainsi
Py
Epars éparpillé
S'éparpillant
Aux quatre vents qui volent
Aux coins des cours
D'honneur
Lors est guetté
Py
D'entropie
Ce mécanisme
Connu des chimistes
Des physiciens
Des philosophes
Et des baudruches


« Le Roi Lear », traduction et mise en scène de Olivier Py
 ouvre le festival d'Avignon 2015

lundi 20 juillet 2015

Kulîk le Kurde



Kulîk



Depuis trois ans Kulîk croyait
Advenu un pays
Pour des frères et soeurs citoyens
Un pays où se sentir soi
Sous le ciel tendu le soir
De draps de neige

Un pays dur certes
Gens arides
Sourcilleux butés
Surévaluant l'honneur
Désavouant leurs femmes
Quand elles aiment
A regarder le ciel et ses couleurs changeantes
Un pays qui pourrait changer
Car il n'y a pas qu'à Canaan
Que coulent le lait et le miel

Kulîk voit un homme
Emprisonné sur une île
Un homme qui se bat du fond de sa cellule
Comme jadis Nazim Hikmet
Qui croyait si fort à l'avenir
Qu'il écrivit en prison des vers magnifiques

Kulîk n'en veut à personne
Aux Turcs aux Arméniens
Ou à quiconque
Il veut du repos
Mais la Syrie s'est levée
Assad a réprimé
Fleurissant l'exode
Ravageant l'espace
Arc-boutant les confessions
Brouillant la mosaïque

Sans choix
Kulîk et les siens
Ont pris les armes
Seuls à Kobané ou Afrine
Le grand Turc s'est fâché
Double jeu a joué
Coupant le fil à l'émissaire de l'île
Bombardant l'avant-garde
Provoquant à tout-va
Elections attentats
Pour extirper déraciner arracher
La fleur au coeur de Kulîk

 
Juillet 2015, la Turquie intervient en Syrie

jeudi 16 juillet 2015

Un homme attend



Un homme attend


A Athènes un homme attend
devant une banque
Sa chemise est ouverte le ciel pommelé
Le nephos en embuscade sur la ville
Il a crié hier soir
Sur la place
Sa voix est éteinte maintenant
Avec les mains il l'explique
A la femme derrière lui
File à deux ils font s'ennuient
Même âge se dit-il mêmes rides
Dans la vitrine
Ils courbent pareil la nuque le dos les reins


L'aphonie le gêne il regarde la femme
Elle a quelque chose dans l’œil
Un gris de mer montante
Un bleuté d'escalier
Un paillage fuchsia
Un bruit de chaîne
L'employé ouvre disparaît
Inquiet du serpent sur le trottoir
L'homme n'y fait pas attention
Il ne voit qu'elle
Il s'efface
Elle passe
Soixante euros chacun
Ils quittent la file et
Main dans la main
Et filent


Juin 2015, la Grèce endettée

vendredi 10 juillet 2015

Calcul



Calcul
(« ...et vous avez raison il faut honorer
la mémoire de ... »)


L'homme lève la main à l'adresse de ses camarades
Pour demander au nom de la France
D’une certaine idée de la France
De se lever

En silence ils se lèvent
Pour ce gain électoral
D'une miette
Ils se lèvent
Liés aux basques
D'un comploteur roué

L'homme demande à ses camarades
De citer sa mémoire
D'honorer ses réseaux
De blanchir
Affidés trahisons coups bas
De dire
Aux enfants du pays
Sois celui-ci

Certains lacs ont une telle clarté
Qu'on s'y baigne d'insouciance
Mais plonge-t-on sous la surface
Que le froid saisit et révèle
Un monstre à écailles qui
Longtemps
Hante nos nuits

Intervention du premier ministre à l'assemblée nationale le 30 juin 2015