jeudi 28 octobre 2021

Ils se lèvent (Soudan)

 

Bastonnés frappés meurtris

Ils se lèvent 

Traqués jusque dans leur chambre

Tirés par les cheveux

Jetés à terre pour avoir marché

Ils se lèvent

Et convergent aux barricades 

Faites d’air et d’espoir

De croyance en l’homme

Ils se lèvent contre les dents les mâchoires les fusils les carrures les tortures

Ils ne veulent pas porter la mort au pouvoir

Ni le pouvoir

Ils comptent sur eux-mêmes

Ils lèvent le poing aussi

La tête surtout

Regardent au-delà des chars

Et des faiseurs de charognes

Le ciel se lève avec eux

D'un bleu fraternel

Qu’ils ne laisseront prendre par personne




La population soudanaise refuse le coup d’état militaire du 25 octobre 2021



 



mardi 19 octobre 2021

Journée mondiale des animaux







Je suis un chien un clebs un clébard

Une bête qui mord

Parce qu’elle souffre

De n’être plus sauvage

Le monde disparaît et je végète

Avec des mâchoires inutiles


Frère ver

Tu fais mieux que moi

En broyant le sous-sol

Toi aussi l’alouette

A battre l’air comme au fouet

Et vous les crevettes

Gardiennes du vieil océan


Moi je reste chien

Qui a oublié la forêt et la lune

Clebs bourré de croquettes

Piégé à des noms ridicules


Que vienne le temps de l’animal libre !

Pour qu’en paix je dépérisse

Que les rivières m’emportent

Les ronces m’étouffent

Les loups m’assassinent

Qu’au moins je meurs

Avec du chien

 

4 octobre 2021


 

 

 

dimanche 10 octobre 2021

Petit (dans l’église catholique)



Fractures fracas fentes incises

Corps blessé âme bleuie

Interdit des assauts subis

D’excès d’accès à chair fraîche


L’amour de Dieu laboure la friche

On touche on triche en lisant le grand Livre

Aux innocents perdus qui pleurent

Des fautes qu’ils n’ont pas commises


Quel mouton imaginerait

Son berger dédié à sa perte

Hélas petit la robe l’encens

Les cierges servaient de décor


Tu te courbais brisais ta tige

La peur sertie dans le silence

Et tu allais lourd sur les routes

L’oeil aspiré aux nuées noires



Publication du rapport de la commission Sauvé sur la pédophilie dans l’église catholique

6 octobre 2021


 

 

vendredi 8 octobre 2021

Janis Joplin vs. Dior

 





Écorchée fêlée

La voix éraillée

Janis Joplin chantait juste

Juste la vie déraillant

Elle disait les douleurs

Les amours incomprises

Dénouant de ses chants

Les entrailles tragiques


Qui a donc pu plaquer

Sa triste voix blessée

Sur fond publicitaire

Trahissant les couleurs

Et le pouvoir des fleurs

Bientôt « Mercedes Benz »

Pour les fous du volant ?


Le scrupule d’être bonne

Entière, elle-même

A emporté l’artiste

En scène elle a brûlé

Alors laissez sa voix

Vibrer à l’état pur

Et renvoyez l’obscène

Récupérer ailleurs



Campagne publicitaire « Miss Dior » utilisant la chanson « Cry baby » 


 

samedi 11 septembre 2021

Sophie, rescapée du Bataclan

 

 

 

 

Vingt ans après elle garde la mémoire
De son sac rose fluo
Décapé des semaines durant
Du sang de ceux qu’elle enjamba
Avant de plonger dans la fosse
Cessant de respirer
L’apnée pour échapper
Aux cliquetis des armes
Aux râles des mourants
Aux sonneries des portables
Elle n’oublie rien
Ne jette rien
Change seulement de métier
Sophie la même n’est plus la même
Qui a gardé son sac 
Rempli d’un vide plein de souffles
Le sien alors imperceptible
Les autres qui le sont devenus




8 septembre 2021, procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015

https://www.franceculture.fr/emissions/comme-personne/sophie-rescapee-du-13-novembre-pas-question-que-le-bataclan-prenne-toute-la-place-dans-ma-vie 

 
crédit Manon Loup-Hadamard Radio France


mardi 7 septembre 2021

Vive le vaccin (Poème du reconfinement 23 )






Tu aurais dû entrer dans l’hôpital

Voir les poitrines effondrées comme du vieux linge

Tourner la tête vers celles qui se détournaient

Mortes du chagrin d’avoir refusé le vaccin

Une infirmière serait passée

Ange blanc à sabots de plastique

En pleurs

Chargée de l’absurde mission d’étouffer les toux tueuses

Chargée de la souffrance que tu génères

Comploteur

Qui te rassembles avec tes potes

Dénonces les faux profits des big pharmas

Revendiques la liberté corporelle

Bientôt aussi tu pleureras

Ton père ta mère ta sœur

En criant à l’injustice

Sans que la honte t’étouffe

Assassin de toi-même

 

 

 5 septembre 2021


 

jeudi 2 septembre 2021

Francesco Bearzatti Tinissima quartet

 
 
 
 
Ça tourne pète trompette 
Le ciel s’emballe et le sax s’axe sur les lumières du sud 
Y aurait-il une éclipse 
Qu’elle n’étincellerait pas d’éclats plus vivants
Que cette mélodie venue des siècles anciens
C’est à dire demain 
Avion solaire en transport d’expansion
Parfums d’ivoire cuivre dentelle ligure
Bronze à mâcher sous les sapins de l’apoplexie
Ah ! s’étouffer de notes 
Disparaître sous l’avalanche 
S’enfoncer dans la gorge les anches 
 Remonter du fond de la moelle 
Avec Lolita et ses rebonds 
Que dessine un solo de trompette 
Toutes deux nues dans la nuit venant
Y aurait-il un bûcher 
Qu’il frissonnerait d’être à moindre incandescence 



 
 
28 août 2021
Rendez-vous de l’Erdre, Nantes