mercredi 11 août 2021

Le monde brûle






Fou
Le feu fout un feu 
Majeur à l’Asie mineure
Broie l’Ouest américain
Consume consomme asphyxie
Suce écorces et résines 
Joue à saute-mouton
Par-dessus les collines 
Les villages les camps
Dévore forêts de Turquie de Californie
Les marie en malheurs
Ogre danseur
Évaporant les larmes
Il peint le futur de ses poils brûlés
Les peaux sèchent
Les yeux pleurent
Les cœurs claquent
D’ampoules trop noires
Pour éclairer la nuit 
Autrement que de nuit



9 août 2021

publication du 6eme rapport du GIEC, et incendies partout sur la planète

https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/


 

 

samedi 7 août 2021

Plus d’air





C’était là

Enfoui dans des entrailles ligneuses

Au fond de l’océan

Serti

Un quota d’énergie à dévorer

Plus et l’humanité s’éteindrait

Justement elle s’éteint

Aveuglée de centrales de produits

De chemises à changer tous les jours

De routes à vite emprunter vite

De pays à vite découvrir vite

De films à voir de livres à lire

De sodas à boire

De vies à vivre

Vite

La Terre s’épuise

Qui pour y croire

Quand chaque jour

Soleil et matin se lèvent

Sublime jaune et sublime bleu

Modelant le vêtement du monde

Combien clair est le ciel que signent les avions

Combien fraîche la mer où filent les cargos

Yeux grands ouverts

Nous ne voyons rien

La pollution de l’air

Est mirage à retardement

Quand nous verrons étouffer nos gorges et nos consciences

Nos bêtes et nos bambins

Quand nous halèterons aux portes des urgences

Flétris de consommation bubonesque

Quand la terre nous dira

Je meurs mes enfants

Je ne vous laisse rien

Car vous avez tout pris

Déjà

Restera le bouche à bouche

Pour sauver les niños

Et prier le cosmos

De garder nos cellules

Dispersées dans l’espace 





4 août 2021

Condamnation de l’État français à une astreinte de 10 millions d’euros pour incapacité à respecter les normes sanitaires en terme de pollution de l’air.

Athènes 4 août 2021; Louisa Gouliamaki/AFP )

 

samedi 31 juillet 2021

Piquez-vous (poème du reconfinement 21)

 

 

 

 

 

S'apprêtait un été tactile

Vagues dédiées au surf

Plages remplies de planches

Les yeux pour s'embrasser

Des lèvres pour découvrir

Les corps prêts à rouler

Au sol au sable en l'air

Sous les parasols éployés



Quand les courbes ont frémi

Haussant le ton

Laissant s'installer

Un trompeur silence aux urgences


Tests re-tests

Accès désaxés aux vaccins pour occire le virus

Rien n'y a fait

Même tes efforts ma belle

Pour geler mon visage

La quatrième vague est en vue des vigies

Après on ne comptera plus

Alors piquez-vous garçons

De danse et de réalité

Piquez-vous les filles

Qu'à nouveau dans vos bras

Nous trouvions le sommeil



dimanche 25 juillet 2021





Un pillard vaut-il un poème





Qui détruit et s’approprie
Sous prétexte de pauvreté
N’est que lâcheté
Prétention indue à la priorité
Qui vole ses frères égaux co-damnés
Les maltraite en se trompant de cible
Touchant l’écume 
Délaissant le courant
Chaque pack d’eau embarqué
Chaque vitrine brisée
Est pierre arrachée au mur de la solidarité
Tu es sans frère pillard
Le mauvais sang dans tes veines
Fait couler l’inquiétude
Devant ton butin tu jubiles
Mais les autres
Sont privés de ce que tu perçois 
 
 

12 juillet 2021, semaine de pillages en Afrique du Sud


REUTERS - ROGAN WARD

samedi 24 juillet 2021

Cézallier

 






Le vent y fait danser les herbes

Se sert des arbres comme de cordes

Les clarines répondent

Les insectes tintent

Maître d’œuvre du plateau

Structure invisible

Le vent est puissance invitante

Jusqu'au pied du dos rond

Où la Bonjon fait rumeur

Rivière d'écho et de cymbales

Le paysan peut faner

Le randonneur flâner

Les fleurs faner

Le Cézallier observe

En surplomb

Ses alliés



                                                                                   23 juillet 2021


 




vendredi 23 juillet 2021

Au mont Bessou

 



Au mont Bessou

(point culminant du Limousin, 976 m)





Vague verte à l’assaut du mont

Les pins ploient sous les pignes-grenades

Monte à la tour t'emparer de l’horizon

Chaque marche vaut vingt tours Eiffel

Si tu as les yeux profonds

Tu verras Rio Bali Paris

Les monts comme des frontières

Du Cantal, de l'Auvergne, Sancy le plus haut

Ici la parole vient de la pierre

Murmure lithique que les enfants décodent

Enroulés dans l'herbe du versant



22 juillet 2021


 

 


jeudi 8 juillet 2021

Mum is dead

 




Elle pesait une plume en partant

Comme son sourire léger jusqu’au bout

Rien ne semblait lui peser

Et elle ne faisait rien peser

Sur personne

Elle a vécu avec un appétit discret des choses

Le sens du temps et du partage


Sa pensée vole en nous

Comme autour de nous elle voletait

La clarté de son regard était celle du cœur

Cela laisse en nous une trace

Comme dans les moraines ces coquillages

Indélébile

 

 

 8 juillet 2021