mardi 13 avril 2021

Vite, un accès au vaccin (reconfinement 14)

 


Poussez 
Appuyez 
Pistonnez
Au bras que vous voulez
Envahissez l’arène
Où règne l’ARN
Faites la corrida
En décor anti-corps
Seringue de lumière
Soyez ma corruption
Je suis libre de droits
Ouvert à tous les flots
Et s’il faut compenser
Le bout du dos des doses
D’autres adjuvants-chefs
Ne vous privez de rien
Reines et rois de l’aiguille
Concoctez le cocktail
Dont je serai trophée
Car vous n’aurez jamais 
Assez de trous trop fait
Aussi, rois des balcons
Vite, vaccinez-moi !


13 avril 2021

 

jeudi 8 avril 2021

Serais-je Leopardi ? (reconfinement 13)

 



Une étrange enveloppe m’étreint
Peut-être la peau que tissent les écrans
Un sentiment grave un sentiment vrai
Ah s’il était dû à l’âge
À l’affaiblissement vital
À la rigidité d’un cortex gagnant 
Au rythme des articulations
Mais je n’ai pas signé l’article de la mort
Je sens au printemps mes narines frémir
La sève courir sous l’écorce
Se raccourcir les jupes se bomber les torses
Et pourtant sous le cycle puissant du sang
Souffle à mon oreille
Le vent du pessimisme 
Comme si j’étais Leopardi
Atterré de la beauté du monde
Qui sera détruite
Qu’elle soit incarnée en lumière, jeune fille, 
somptueux paysage au bord du précipice
Elle périra, inaccessible
Les poètes tenteront 
Le tout pour le tout
Le vers pour le vers
Ils diront l’essentiel
Le juste ce qu’il faut
Pour passer le cap de la mort
Mais on n’entendra pas
Encore moins qu’hier
Car l’écran prive d’oreille
Quelle raison d’aimer l’autre
Quand chacun se voit beau

Même sans bosse 
Même aimé 
Même sans lune 
belle à faire mal dans son inaccessibilité
Je doute de l’avenir
Comme si j’étais Leopardi
 
 

 

L’ottomane



« Mmh... »

Elle entre et voit

Le canapé bas

Fait pour s’allonger

Oublier

Se faire oublier

Désirer

Tenir un – second – rôle

Observer attendre

Admirer les deux gars

Être fiers

On l’a eue la bleue !

Elle saura plus tard

L’essentiel

A la fin du spectacle

Son jeu terminé

D’insultée

Des sultans

 

 



Humiliation diplomatique de la présidente de la commission européenne

à ANKARA le 7 avril 2021


 






 

samedi 3 avril 2021

Etre une huître (tant qu’à se reconfiner...; poème du reconfinement 12)

Poème du reconfinement 12

 



Être une huître 

s’ensabler dans les grands fonds

pousser du pied remonter

entrebâiller la coquille

découvrir le soleil

pleine chair plein corail

s’iriser de couleurs

s’arroser de colère

émerger replonger

chercher le banc des camarades

s’y asseoir cinq minutes avec elles

glisser à l’orée des fleuves

emboucher les deltas

éviter le couteau

des chasseurs le panier des cueilleurs

pousser au cul les saumons

apprendre l’affût les techniques

moche à l’extérieur maîtriser la laideur

revendiquer pics armure cuirasse

être huître à l’intérieur

molle mollusque molasse

édredon rempli d’iode

coussin de vie taie de parfum

frondeuse gardant la tête froide


être loin oublié

un caillou coupant que l’on craint

qu’on laisse dormir

dans sa vie de bel oncle belon

de marraine marenne

de scandale cancale béguin banc d’Arguin

tranchant jusqu’à la parole

quand on ne sait pas la prendre

qui s’exhale fétide si trop on l’exhibe

être huître pour jouir et bailler

cligner de la bulle à la vie

aussi capable de pincer la peau d’un requin

que s’étourdir dans un tourbillon de sardines


vivre cent ans

certains disent mille

d’autres même toujours

nacre et calcaire époux l’un à l’autre

croissant dans les vagues

les océans pour mère

les courants pour frontières

 

26 mars 2021


 

vendredi 19 mars 2021

Folle année (Confinement an I)





Vois où tu nous as menés

Sommés d’être à fond de cale

A confondre la nuit et le jour

A éviter les vieux qui

Dans la nuit crient des prénoms

Le tien le mien en sonnant l’infirmière


Même testé il fallait chuchoter

Supporter des voisins invisibles

Se faire sorteur de chien joggeur

Ramasseur de poubelle chauffeur

Se centrer sur des murs sans espace

Restreindre amours et promenades


Folle année tueuse de la douceur

Douze mois sans bisous sans baisers

A retourner les rues les tourner

Raboter à merci les quartiers

Les enfants Chats Bottés rabougris

Se croyant loups n'étant que souris


Année folle bâtie en entonnoir

Tunnel ligne blanche pot au noir

Maigres espoirs au bout des nageoires

Attendre le rayon du jour

T’attendre au lever du jour

Ma démasquée sans calendrier





anniversaire du 1er confinement Covid-19, 17 mars 2021


 

 

dimanche 14 mars 2021

J’aime ton poème Amanda




 J’aime ton poème Amanda
Je l’aime de toute ma langue
Je l’aime en toutes les langues
Intrépide effronté courageux
Il fait danser les mots
Pour être compris de tous

Nous sommes tous ton poème Amanda
Nous pouvons tous le traduire
Nous pouvons tous le vivre
Partager les pulsations
D’air et de sang qui l’irriguent

J’aime ton poème Amanda
Car sa langue est la mienne
Celle des chats et des océans
Des arbres et de la fraternité
Que chacun le dise que chacun le lise
Et en sème les graines


Un éditeur néerlandais cède devant une journaliste condamnant la traduction d’un poème de l’afro-américaine Amanda Gorman par une professionnelle non Noire.André Markowicz s’insurge dans une tribune du 12 mars 2021 :« Personne n’a le droit de me dire ce que j’ai le droit de traduire ou pas »







 

mercredi 10 mars 2021

Djamal Kashoggi's murder (bilingue)

 

 

L’insoupçonné barbote

Tapis de soie sous le fessier

Poussé de vent il passe

Entre le temps et l’espace

Le monde obéit

Aux doigts à l’oeil

Quand il en reste

Un virage lui fait pencher le visage

« Tiens ! les droits de l’homme ! »

Il rit

Accélère

Part s’étirer au soleil

C’est si bon d’avoir des membres 

 

Plainte de Reporters sans frontières contre MBS

pour crime contre l’humanité1er mars 2021


 

 


The unsuspected dabbles

Silk mat under the buttocks

Pushed by the wind it passes

Between time and space

The world obeys

With the fingers to the eye

When there are some left

A bend makes him tilt his face

"Here ! Human rights! "

He's laughing

Accelerates

Goes to stretch in the sun

It's good to have members

 

 Complaint by "Reporters Without Borders" against MBS  

for crimes against humanity March 1, 2021