mardi 4 décembre 2018

Gilets jaunes



Les radios donnent le bruit
Les télés la couleur
Les réseaux s'agitent 
Monde d'ondes encadré

Dans la rue ça détruit 
Ca déglingue ça casse
Ça débande l'Arc de triomphe
Çà éructe aux ronds-points
Çà gouline dégueule 
Ça se croit la révolte
Avec de grands airs
Quand c'est juste petit 
Jaune et fascistoïde
Pourtant
La démocratie s'agenouille
Le message s’embrouille
Et chacun affaibli
De ses frustrations
Rejoint sa barricade
De rancoeur



Mouvement des gilets jaunes, Paris saccagé
1er décembre 2018

dimanche 2 décembre 2018

BOLSONARO









Tout peut jaillir

Au Brésil

Le jonc l'argent l'huile

Les palmes l'or l'ibis

La verte chevelure

De la zone Amazone

Le corps à corps des corps

Les villes de demain

La prose de Cendrars

La braise de Buarque

Le samba la bossa 

Le noir comme un éclair

Le clair comme un ébat

Et les fleuves encore

Et des pauvres toujours

Et l'espoir chevillé

Au bois du candomblé

L'effort payé de rien

Le café pour l'export

Des filles sur les plages

Aux ventres d'océan

La vive vie la houle

Là où on l'attend pas

Lula devenu loup

Un peuple de fontaines

Un peuple de cascades

Un peuple de geysers

Prêt à gober la terre



Et d'où jaillit Jair


28 octobre 2018
Jair Bolsonaro élu président du Brésil

lundi 26 novembre 2018

MBS




Un busard
De plumeuse ambition
Déploie ses ailes
Sur le territoire
Il dit
Moi Roi
La lumière ne verra pas le jour
Bénis seront les cachots
Le froid règnera
Jusque dans les consulats
Il dit
Je suis l’eau le pur le sel
Qui m’effleure
D'un sarcasme
Mourra
Et leur engeance après eux
Il dit
Moi Roi
La guerre sale sera juste

Le busard
Se perd dans le ciel
Loin des incendies
Allumés dans son nid
Ivre à oublier
Que le vent
Excité de flammes
Peut décorner les rois



16 novembre 2018, la CIA implique MBS comme commanditaire 
de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi


jeudi 22 novembre 2018

Le passé : toujours d'actualité








Nicolas Pesquet peut bien regarder la Terre d'en haut
Mon vélo s'habiller en carbone 
Mes doigts toucher les continents 
Sur un écran connecté
Ma bouche causer à l'infini
Mon corps danser le tweet 
Je garde un pied dans le quinzième
Villon et ses ballades
Son lais à la mamelle 
Duquel je rimaille


Les ados faire la guerre en vidéo
Tuer des hommes les relever
Intacts
Madrid s'atteindre dans l'heure 
Mumbai en huit New-York en six
Les paquebots flotter pour rire 
Bébés baleines dans la baignoire de l'océan
Les canettes se profiler d'acier 
Je garde un pied en dix-huitième
Aspergé de lumière
La liberté au front bientôt teinté de sang


La terre peut fondre la mer pleurer
Des mères crier à fond de gorge
Inaudibles
L'ours patauger en bord de bergeries 
Les groseilles fondre au climat calorique
La lune bleuir sous PhotoShop
Les gosses apprendre au tableau blanc 
Que la craie existait
Jadis
Je reste un pied au dix-neuvième
Dans les locomotives
Accompagnant les peuples
Avec la Bovary le Bel-Ami et le Victor
Inépuisables 
 
 
15 novembre 2018







mercredi 31 octobre 2018

Le poète et l'actualité




Alors poète
N'y a-t-il rien à chanter 
Hormis l'obscurité la noirceur 
Quelque truc bon et beau comme des yeux de chat

Tes vers privilégient la guerre
Les attentats les brisures
Le sang versé les mamans rompues
Les fleuves souillés les forêts corrompues
Est-ce donc ça qui te plaît

Pourquoi ce don que tu as
Ce souhait de dire vrai 
Ce talent cette appétence
Sert-il la morbidité
N’y a-t-il à mettre en valeur
Quelque avion solaire autour de la Terre
Des fils de Sion et Gaza ensemble dansant
Un armistice signé quelque part 
Des armes détruites
Un roman qui faire rire

Le temps presse poète
Le monde n'attend pas
Fais que ton signal
Sonne plus et plus fort 
Que détresse en balise



  31 octobre 2018

dimanche 14 octobre 2018

TOUS DES OISEAUX







Des douleurs des mémoires des retours des soudain 
des enfants inconnus qui t’appellent papa 
une mère oubliée (oubliée ?) sèche dure 
des os des rides traversés d’éclairs noirs 
une sorcière en phalanges et en grognements
qui soudain fond comme  du beurre

 
Des oiseaux libres, trop libres
qui veulent devenir poissons, éléphants, voler sur le dos en fermant les yeux, péter le mur du son, se brûler les ailes aux soleils de la lune, qui préférent le hasard au confort, la beauté à la gloire, le malheur - puissant et lourd - à la routine du bonheur


 
 
 Représentation au Grand T, Nantes, 12 octobre 2018
de la pièce de Mouajdi Mouawad

Djamal KHASHOGGI Un homme disparaît


Djamal KHASHOGGI

Un homme disparaît


Il a poussé la porte
D'un étrange au-delà
Nul ne sait s’il flotte s’il respire
S'il a conscience de lui-même
Si ses membres se tiennent

Il a poussé la porte
Qui donne sur les limbes
D’être et de n'être plus

Cet homme qu'on a enlevé
Avait des choses à dire
Il questionnait les cris
Il interrogeait clair
On l'a poussé par surprise
Dès la porte passée

Est-ce un conte oriental
Cette disparition
Un tourniquet magique  
Une porte passe-passe

Nul abracadabra 
Hélas
Pour reconstruire le corps
Nul sésame
A son âme

En attendant on rit
Quelque part à Riyad
On foule d'épais tapis
Où s'étouffent les bruits


Disparition du journaliste Djamal KHASHOGGI
après son entrée au consulat saoudien d'Istanbul
le 2 octobre 2018 
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