vendredi 14 septembre 2018

François Corneloup









Il arrive en bateau

Le François

Son saxo dans le ciel

Rafraîchi d'impro

Notes bleues

Crème
A peine café


Qui de tout nous dédouanent



Sur les quais on s'arrête

Saisi

Sauf les joggeurs

A cause des écouteurs



Et les trilles vrillent

Les spirales embobinent

Les visages amarrés

Extatiques



Au matin on est mûr

Pour faire le raccord

D'un corps à Corneloup

Se perdre de records

D'accords et encore

Et toujours

D'accord

8 heures du matin, 2 septembre 2018
seul sur un quai de l'Erdre...




« La nation est de retour ! »






On s'axe mal en Saxe
Qu'un homme meurt
Et oh ! hisse !
On s'arrime au fascisme
On déchaine la haine
La phobie affolée

Les cranes volent ras
Comme souvent\comme toujours\comme hélas
Revendiquant sournois
Qu'on punisse le vice
Aux étrangers vissé

Ils disent stop
Ces néos du néant
Bras tendus vers le rien
Laissez-nous entre nous
Laissez-nous nous tuer

Laissez à la frontière
La vie et les idées
Les illusions les rêves
Les différences



27 août 2018, à Chemnitz (Allemagne), manifestation d'extrême droite
après un meurtre imputé à des réfugiés

Cette putain de peau noire



Cette putain de peau noire
Qu'elle est belle
A la rue
Au soleil

Dans les draps de soie
Où s'allonge ma belle
Avec ses couleurs
D'arc-en-ciel sous la pluie

Regardez ses reflets
Son grain doux qui frémit
Miles Davis étendu
Sous les doigts de la Jeanne

Qu'elle brille
Cette putain de peau noire
Se riant des ténébres
Jour qui joue de la nuit

Elle fait des envieux
Cette putain de peau noire
Des qui veulent pas voir
Des monteurs de ghettos

Alors flambent les villes
Et s'éclairent les consciences
Au prix trop cher hélas
D'une chair rouge sang

La peau blanche en regard
D'une putain de peau noire
N'est qu'amorce de l'aube
Jalon de devenir

Quand le noir sera lu
Comme un blanc éclatant
Les hommes alors enfin
Se verront comme ils sont
7 juillet 2018

samedi 1 septembre 2018

Des lions pour des lions







Fusion
Explosion
Confusion maitrisée
Sous les spots
Carburent les cuivres
Dépotent les potes
Comme des bateaux ivres

On funk on danse on rock
Vive la bande des quatre
Qui serait Sonic Youth
Que ça étonnerait pas
Ou Funkadelic 
Ou Nguyen Lê 
Ou le vent brésilien
Ou tout ça à la fois

Ces lions affairés
A griffer cordes et anches
A frapper le tambour
A pulser la guitare
Ont l'audace pour plan
Le rugissement frais
Et crinière commune

Ces lions en scène
Que la cage indiffère
Que le zoo terrifie
Etendent leur fourrure
Comme un genre d’amour
Sur la salle la rue
Sur la nuit sur la vie

(Pannonica, 1er septembre 2018, Rendez-vous de l'Erdre)



mardi 28 août 2018

La démission de Nicolas Hulot



 

Est-ce la nécrologie de l'écologie
La cynique annonce de l'aube des lobbies
L'amer triomphe de couleuvres avalées
L'abandon de l'alliance avec les animaux
Le retour au charbon au mercure à l'amiante
Le hold-up du Round Up sur la so old Europe
Le bûcher des ruchers et la mort des abeilles
Un trop tard qui trop tôt hélas déjà résonne
Ca dit quoi ce retrait cette mise à genoux
Ce retour à la plage de monsieur Hulot
Ce trou que même Dany ne veut pas combler
Ce refus de décroître cette peur de manquer
Sinon l'aveuglement jusqu'à l'oubli
Du nécessaire
Les lombrics l'eau claire les forêts les insectes les mousses les pierres les courants l'air les feuilles les torrents les nuages l'équilibre des corps les matières
le loup le mouton le berger
les cabanes




Démission de Nicolas HULOT du ministère de l'écologie et de la transition énergétique
28 août 2018


mardi 7 août 2018

Passe l’ISS


Morceau de passé
 Instant de futur
Passe l’ISS
Dans le ciel d’été

Prévisions de nous 
Demain et hier
Les planètes alignées
Jouent aux quatre coins
Disant d’oser
D'explorer sans doser 
D'autres champs de Mars

Et sans trace 
Glissant au ciel 
En laissant place
A l'orgasme des songes
Passe l'ISS 


Nuit du 3 août 2018, alignement exceptionnel de 4 planètes
tandis que passe l'ISS

vendredi 20 juillet 2018

"Écrire dans un pays en guerre"












Tout tombe

Les eaux les mots les bombes

La vie

Le sens perdu des phrases




Tout tombe

Des lits des mains des yeux

Le souffle des explosions

Couverts les pleurs




Tout tombe

Pourri flétri sans peau

Grenades

Que des lanceurs ramassent


Et lancent à leur tour
 
En balles de culture
 
Aux femmes aux enfants
 
Cachés dans les décombres



Ils tombent

Ces soldats de la vie

En criant dans les rues
 
Minées de vers



Lieu Unique, 28 mars 2018
Khadem KHANJAR, poète Irakien, et Omar Yoissf SOULEIMANE, poète Syrien