samedi 7 juillet 2018

Elisabeth Revol













Revol vers

Tigineuse

Les yeux verts

Lumineuse

Prend son vol

Vers un rêve

De poudreuse

Pure perte

Vers l'arête

Affamée

Là-haut seule

Un instant

Hilarant

Incroyable

Epuisant



Trop tôt

Trop haut

Son lover

S'est lové

Sous la tente

En attente

Il délire

Elle le tient

Par la main

Elle le veille

Elle le pleure

Se révolte



Il faut vivre

Pour survivre

Et partir

Lui aussi

Le lui dit

- Mon amour -

Sauve-toi

Aux crampons

Mon amour

A l'envers

De la mort

Bats bats bats

Coeur et sang

Laisse-moi

Dans le blanc

Dis-le moi

Dans le blanc

De nos yeux

Sauvetage d'Elisabeth Revol le 28 janvier 2018
après qu'elle fut, quatre jours plus tôt, la première femme à atteindre en hiver un 8000 mètres Himalayen (le Nanga Parbat), tandis qu'y décédait son compagnon Tomasz Mackiewicz 
https://cdn-s-www.leprogres.fr/images/DEF59D95-6B68-43C9-8E2C-0CA459E9437A/LPR_v1_02/elisabeth-revol-capture-d-ecran-video-1517126770.jpg

Goldrush





Dans ma tombe mettez
Le temps que j'ai perdu
Les bouquets mal cueillis
Les bisons trop tués
L'ombre immense de l'or
Enduisant les talus

Dans ma tombe étalez
La laine des tipis
La peau des herbivores
Faites l'harmonica
Même rouillé de boue
Chanter jusqu'aux crachats

Dans ma tombe épandez
Mon regard aux nuages
Le chouk-chouk des boggies
Les cendres de ces lettres
Que j'écrivais le jour
Et déchirais la nuit

Dans ma tombe lancez
Le pétale gardé
Au hasard d'un espoir
Qu'une fille de fleurs
Indifférente à l'or
M'avait un jour confié


Nantes, salle Paul FORT, 20 mars 2018
Concert de Thomas HELLMANN

dimanche 20 mai 2018

Israël




Where is your spirit
Israël
Where is your soul
Where is the freshness
Of the beginnings

Ta jeunesse armée tire
Sur des jeunes en larmes
Que fait-on à quinze ans à Gaza
Que vit-on qu'espère-t-on

Le ciel est une corde
où l'on ne peut se pendre

Where is your past
Israël
Where is your future
Entre ces foutus murs
Un ciel rempli de drônes
La mer grise de mines

Ta jeunesse est formée
A des vues déformées
Tu lui dis que la haine
Est chez l'autre
Cet autre qui n'est pas
Ou ne devrait pas être

Est-ce toi Israël
Ce bateau qui s'enfonce
Déboussolé de sens

Where is your spirit
Israël
Where is your soul



L'armée israélienne tire sur des manifestants à la frontière avec Gaza
62 morts et 2.500 blessés
14 mai 2018

jeudi 12 avril 2018

Higelin






Un œil un regard
Un charbon transparent
Des dents décanillées
Sur un sourire de beurre

Un velours une voix
De la foudre en écume
Baisant Mona Lisa
Alignant Géant Jones

Pouvait-il mieux tomber
que du ciel
Pouvait-il mieux Trenet
qu'avec Charles

La scène à lui tout seul
Embobinant la foule
Alertez BBH
Et sa folle Fontaine

Le héros des mots libres
Dans une rime ultime
S'est reparachuté
Aux anges et au ciel

Chantant
Toujours



Mort de Jacques Higelin, 6 avril 2018
(« La mort n'est triste que pour ceux qui restent »)



Ouh là Lula !



Fini le tour de piste
Electoral
Voici le tour de vis
De la morale
Pas d'éponge passée
Sur le passé
Pas de linge en famille
Sale lavé
Les juges ont tout gratté
Fonds de dossiers
Fonds de bouteilles
Et culs de pots-de-vin
Et au fond estimé
Que ça valait
Douze ans de pénitence

Tourne la roue
Pour le tourneur
Le tour d'écrou
Punit le vice

Alors dans la prison
Une compensation
Tourner en rond
Le poing levé
Et réclamer
Mort au complot
Mort à Moro


Incarcération de « Lula » da Silva , ex-président du Brésil
7 avril 2018

vendredi 30 mars 2018

AMOR FATI (Bertrand Cantat en tournée)



Dedans/dehors

La scène s'enflamme

Flux rubis

Mots sanglants

Yeux écarquillés

Sans trouver le bon angle



Dedans/dehors

Flambée de la foule

Qui réclame au chanteur

Sa langue son style

Ou le repentir

Partout des fantômes



Dedans

Le chanteur est fébrile

De-hors de lui fragile

Trop de voix constituées

Trop de vagues ardentes

D'impatiences en rang



Dehors

Le public scande ou crie

La même histoire

Ecrite au fer rouge

Dans les pages brûlantes

Du destin accompli



Tour de chant de Bertrand CANTAT

mars 2018

jeudi 29 mars 2018

Blues





Meurtri moulu plié
Le peuple noir a coulé
Du sud au nord
Au décours de Détroit
Il a pleuré l'océan
Versé muddy waters
Dans ses veines de déveine

Il a décollé ses semelles
Laissé le soleil de coton
Vissé un chapeau trop petit
Mis les mômes aux femmes et aux mules
Léger d'avoir perdu ses fers
Et il a coulé vers le nord

Cétait quoi, alors, qui restait
Qui avait toujours brillé
Ces aiguillons de cuivre
Aux manches des guitares
Ces éclats de métal
En coin d'harmonicas
Ces pieds poudreux
Démangés d'orteils
Ces fesses ensoleillées de sons
Ca disait quoi
Ces mains qui battaient malgré les crevasses

Ca disait la montée vers le Nord
Au rythme du bitume
Car le froid de la peau
N'est rien quand on a vu couler

Large comme un delta
La glace du mépris
Dans l'oeil des maîtresses
C'était ça qui restait
Des brins d'herbe bouseux
Fichés au coin des lèvres
Et le blues marmonné dents serrées


Le peuple noir coulait
Alourdi étiré
En chantant vers le nord
L'air insupportable
Du sud




Nantes, 15 mars 2018
Zygo Bar