mardi 15 septembre 2026

Catherine Ringer

  

La Catherine s’est Ringer des voitures

Des p’tits trains tortillant de l’arrière-train

Elle posera plus de question à Andy

Ne fera plus danser Macia

Ne déroulera plus le fil d’une voix de miracle

Qui lui permettait d’être

Chanteuse et passeuse de poésie

Meneuse de joies gourmande de vie

Généreuse partageuse de scènes

Hélas le temps a dit go

C’est comme ça

Fini le tango

Mal

Comme une histoire d’amour


14 septembre 2026

Mort de Catherine Ringer


 

Et nous voulons vivre

 

Et nous voulons vivre

Comme nos oliviers

Nos moutons et nos chèvres

Nous voulons voyager

Sans murs qui découragent

Vivre et pas survivre

Sous l’œil soleil de plomb

Des colons en surplomb

Nous rageons d’une vie

Pareille à l’eau de pluie

Qu’on cesse de bulldozer

Notre terre en tous sens

Car si vous n’avez donc

Que colère à planter

La vie sera sans vous

Notre fin est la soif

Qui va du ciel aux rêves

Liant les mains des vieux

A celles des enfants



15 septembre 2026

intensification de la colonisation en Cisjordanie


 

lundi 14 septembre 2026

Vaste Cantal Haute poésie


Il y a l’Inde bien sûr, ou Lourdes, pour avoir une révélation

mais quand le Cantal est en direct, jugez par vous-même


Sur le site de la Font Sainte

un jour d’août

l’espace offre son immensité aux plateaux rugueux et doux, 

travaillés ensemble

de la main de l’homme et du sabot des troupeaux


Ô cornes d’abondance

Ô poils de la pierre qui danse

sur le volcan endormi


Allons


Le vent s’emmêle aux mots

La planèze prend ses aises

Le paysage me bat comme une omelette

Pour frire dans la poêle du Cantal

Bol et poivre et sel tout m’avale

Fusion sans confusion du ciel et de la terre


12 septembre 2026 

Texte d’une vidéo à découvrir sur Instagram (olivierbonhomme56)


 

jeudi 30 juillet 2026

La mer

 


Éprouve la mer

En toute innocence

Barbouille-toi d’iode

Ton projet nager


Délaisse la page

Blanche de la plage

Remplis tes poumons

D’encre goémon


Et reprends la mer

Comme un grand livre

La laissant t’aller

Île débridée

 


 


L’heure des hirondelles

 

Le ciel ondule

À l’heure des hirondelles

Comme un lait

Fouetté par le vent

Les cris signent les cieux

Il fait chaud ou pas

Ça dépend du pelage

Qu’on s’est mis sur le dos



La tête en bas

Pour mieux les écouter

Je vais

Chaque nid vaut un port

Chaque plume un marin

On se prendrait les pieds

Dans leurs ailes rapides

Si réunies au fil

Elles ne partaient demain

 


 

mardi 28 juillet 2026

La révolution des flamants roses

 

Et comment pourrait-elle

Ne pas voir un peu rouge

L’Albanie de Zvërnec

Quand des grues aux roues d’or

S’apprêtent à couvrir

Les nids de leurs flamants

De gros béton teinté

Aux couleurs corruption


Elle préfère les oiseaux

La solidarité

Les marches dans les bois

Eduquer les enfants

A jeter aux orties

Les jetons de présence

Privilégier les œufs

Les bons gros œufs de rien

De crapauds de serpents

De flamants de cigognes



manifestations à Tirana depuis le samedi 30 mai 2026

contre les projets immobiliers de luxe d’Ivanka Trump

https://fr.wikipedia.org/wiki/Revolution_des_flamants_roses


 

Le feu de Saumos

 

Noir liquide de la pinède calcinée

Troncs zombies titubant comme des revenants

Racines condamnées aux enfers de la terre

Le feu d’épées folles étincelle bouillonne

Contourne en glouton obsédé les pare-feux

Affamé de résine jamais résigné

Il machine des murs de pas moins de dix mètres

Pour offrir à la nuit son futur de goudron

Avant de conduire d’autres lieux au massacre


La seule eau qu’il tolère sont les seaux de larmes

Des humains stupéfaits de l’avoir accouché

Cet enfant déréglé d’un climat maltraité

Ce pourfendeur de fronts qui signe ses forfaits

Au cristal de charbon ensauvagé de cendres

Il mue les rues en tombes et les rêves en fumées

Avant de se fixer sur la désolation


22 juillet 2026, départ du feu de Saumos


 

mercredi 24 juin 2026

Canicule

 

L’air lourd bat

Couverture jetée sur l’été

Qui ne demande rien d’habitude

Mais la canicule a du barbare

Elle déferle

Accroche l’incendie

Aux pitons des fournaises

Étouffe les gorges

Détrempe les peaux

Rage de banqueter

A tous les corps mous

Elle est prête venez

Lui servir des vertiges

De poumons enflammés

Elle sortira son vin

De ciel bouché de bleu


D’où vient-elle

Cette Gengis Khanicule

Du centre de la Terre

De la planète Mars

De la fatalité

Ou de notre constance

D’aveugles consentants

A rassembler ses forces

 


 

mardi 16 juin 2026

Vivre au Niger

 

S’ils passent devant toi

Les enfants du soleil

Qui savent éblouir

Oublie de leur sourire


Interdit désormais

D'être soi c’est la loi

Qu'appliquent les pays

Dirigés en treillis


Comme tout être humain

Tu es plus vaste que

Ta douleur ta tristesse

Le jour viendra l’ami.e


Où le peau à peau

Ne dépendra plus

De quelque suppôt

De soldats obtus


12 juin 2026

Les « pratiques LGBTQIA+ » passibles de 10 ans de prison au Niger

  



samedi 13 juin 2026

Gay Pride

 

La ville a le tempo

Du cœur qui bat

Des mains qui claquent

Des pieds qui bougent

Les épaules dansent

Les sourires forment

La chaîne franche

Fraîche et multicolore

Bien calibrée contre la haine

Slogans humour

Costumes folie

Extravagance extravestance

Les filles à demi nues

Sont peintes au bout des seins

Liberté d’être soi

Avec les autres

Le vrai partage

Ce meilleur lot

De l’être humain

Et va donc pour la fête

La transe et le mambo

Que les cris fusent

Les corps fusionnent

Et l’amour donne


13 juin 2026


 

jeudi 11 juin 2026

On s’en foot un peu mais pas toot à fait

  

C’est pas que le ballon

Nous fasse tourner pas rond

C’est pas que les pelouses

Distillent un max de blues

C’est pas que les crampons

Soient dorés de biftons

C’est pas que les grands stades

Rappellent des temps barbares

Où mouraient en cascade

Des chanteurs à guitare

C’est pas le fait des gensss

Non c’est vraiment l’ambiance

D’un pays pré fasciste

Suprémato raciste

Qui refuse l’accès

À des arbitres noirs

Qui se moque de tout

Sauf de l’ICE et du fric

Alors

Comme ça tourne par rond

Moi je tourne le dos

Pour mettre le maillot

De ma chérie en fond



11 juin 2026

Ouverture coupe du monde de football


 

jeudi 28 mai 2026

Le sous-sol de Riom

 

Le temps joue une symphonie

Qui dit l’ancien d’une lessiveuse

Aux pieds de griffon

La gueule prête au charbon

Les scies endormies

D’avoir taillé des poutres

Aussi simples qu’elles

Elles pourraient le faire encore

Comme encore pourrait servir

L’établi

Bête de beauté simple

Qu’indiffère le sol craquelé

La vie tient dans les araignées

Tisseuses de ponts de singe

Entre porte et plafond


La lumière s’amuse

A créer le suspense

Qu’y a-t-il dans ce rai franc

Sinon l’avenir à écrire

Par de jeunes pousses




jeudi 30 avril 2026

Une guerre du cadastre

 

Rogner ronger réduire

Annihiler couper interdire

Retracer occuper envahir

S’approprier contester exiger

Menacer défaire refaire

Clôturer piéger

Mine tirer

Mépriser insulter rabaisser

Viser stigmatiser

Écarter encarter décarter

Grappiller fausser prétendre

Ester plaider falsifier

Pour finir au bout du rouleau

Avec une seule signature 



« La guerre de Cisjordanie est une guerre du cadastre »

Luc Bronner, 24 avril 2026


 

Cali le généreux

 


À Nantes qui l’attend

Cali le généreux

Offre ses souvenirs

Les beaux l’amour l’enfance

Les à peine croyables

« J’ai suivi Léonard Cohen ! »

Les lourds de l’âme aussi

Devenus durillons

Et qui font toujours mal

L’exode républicain

Les mal traités d’Espagne

Les migrants d’aujourd’hui

Qui leur ressemblent tant

Cali va sans tanguer

Même jeté dans la foule

Il parle à chacun

Il se laisse toucher

Il conduit une enfant

Avec lui sur la scène


Cali le généreux

Rend hommage à ses pairs

Ferré Dylan U2

Ses mots touchent leur cible

Émouvants et sensibles

Féroces aussi parfois

Avec les fous de droite

Mais basta pour les cons

Il donne envie de vivre

De vivre et partager

Et c’est cela qui compte

Serti dans la musique



28 février 2026

Cali à la salle Paul Fort de Nantes


 

lundi 20 avril 2026

Pour les livres

 

Livres merveilleux livres

Véhicules de beauté et de réalité

Même numériques devenus

Vous n’êtes pas des marchandises comme les autres

On peut vous stocker

Mais pas vous enfermer

On peut vous étaler

Mais pas vous ligoter

Vous allez par les vents

Et courants de pensée

Avec pour seuls bagages

Les mots de vos pères et mères

Autrices et auteurs

Qui vous ont élevés bichonnés

Tranquillisés rassurés

Votre liberté est la leur

Et ces libertés ne s’achètent

Quels que soient les marchands

Quelles que soient les richesses

Les livres vivent loin des coffres


16 avril 2026

115 auteurs quittent la maison Grasset

après le licenciement de son directeur


 

mercredi 8 avril 2026

Le p'tit oiseau au riad

 

Le p’tit oiseau vient réveiller

Le riad encore ensommeillé

Un piqué au fond du patio

Une remontée en musique

Il se pose sur un tableau

Lustre le fer des balustrades

Des chambres on l’entend c’est le jour

Le signal frais du matin neuf

Quintes quartes et il s’écarte

Remonte en haut sur la terrasse

Défie la Koutoubia replonge

Allez debout il s’égosille

À la fontaine hors des plumards

Une à une les portes s’ouvrent

Sur le petit avion de plumes

Qui lâche heureux dans le riad

D’ultime trilles en myriades

 


 


Ma chérie (Marie N'Diaye)

 

D’autant plus perverse la voix

Qu’elle sucre susurre les mots

Impose sa seule réalité

C’est lui qui possède les mots

Qui les dirige comme un troupeau

Ces mots qu’elle ne sait pas détricoter

Contredire elle ne sait

Sur le côté un piano essaye autre chose

Cordes percutées/rythme haché/brutaux contrastes

Ma chérie tout ça c’est à cause de toi

Je t’aime moi

Notre bonheur c’est quand tu es d’accord avec moi

L’autrice actrice lectrice

Laisse quelques vers

De Dickinson Akhmatova Plath

Onduler derrière elle

On rit parfois

Tant la ficelle est grosse

Et pourtant la femme si longtemps attachée à sa longe

Vingt ans pour la couper

La chérie s’envole bye c’est pour toujours

Le mari sûr de lui la plaint

La pauvre de s’être ainsi de lui

Libérée


26 mars 2026

Lecture musicale par Marie N'DIAYE de son texte « Ma chérie »

au Théâtre du Glob de Bordeaux


 

mardi 7 avril 2026

Un pont sur la mer

 


Comme une libellule allongée

Sur sa barge de milliers de tonnes

Le tablier géant qui a vaincu la mer

Cligne de l’œil aux quais

Freine aux bras du fleuve

Et la nuit venue amorce

Le demi-tour de sa vie



7 mars 2026

Arrivée à Nantes du tablier du pont Anne de Bretagne


 

samedi 14 mars 2026

Clément Oubrerie

 


La vie a décidé Clément

De ne pas l’être avec toi

Tirant trop tôt un trait

Sur ceux que tu as tracés


Avec Julie la scénariste

Complice à pleine gomme

Vous aviez encore

Tant de cases à remplir


Et l’on se sent bien triste

A découvrir la mort

Venir te prendre aux tiens

Sans jamais plus nous ravir



1er mars 2026

Mort du dessinateur Clément Oubrerie

(Aya de Yopougon, Pablo, Isadora, Voltaire amoureux, Dali…)



lundi 9 mars 2026

Pas de temps pour les regrets

 


Il n’y a pas de temps pour les regrets

Juste la vie à pousser

En regardant le soleil

Se lever dans tes yeux


Il n’y a pas de place pour le retour

Courir vers la falaise

Laisser au gouffre l’ombre

Voler dans la lumière


Il n’y a pas de temps pour l’oubli

L’absence est un poison

Jette le couteau

Garde les cicatrices


Il n’y a du temps que pour nous

Armés de pétales fanés

La vie dit pulse pas pouce

L’impasse est dans les souvenirs